Mai17

Après le dalaï Lama

Posted by Shiva on 17.05.12  ~  Posted in: nouvelles de l'Inde  ~  Réagir »

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Après le Dalaï-lama

Par Claude Arpi

   L’année 2010 marquera l’histoire du Tibet : elle signifie en effet un changement de régime, et plus particulièrement le retrait du Dalaï-lama de la scène politique nationale. Annoncé depuis quelque temps déjà, ce bouleversement semble avoir lieu dans la plus grande sérénité.

     Au cours des derniers mois de l’année 2010, les Tibétains en exil ont subi un tsunami politique et historique, le plus sérieux depuis 1959. A ce moment-la, le jeune Dalaï-lama avait décidé de traverser les plus hauts cols de l’Himalaya pour prendre refuge en Inde. A l’époque, il avait abandonne son pays natal, accompagne de 85 000 compatriotes ; c’était le début de longues années de traumatisme pour ces réfugiés.

   En juin 1991, le parlement tibétain en exil (aussi connu sous le nom d’Assemblée des députés du peuple tibétain) a adopté une « charte », une sorte de constitution établissant la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire du gouvernement tibétain en exil. La charte assigne au Dalaï-lama des fonctions  spécifiques en tant que chef de l’État.

   Aujourd’hui que les Tibétains sont considérés comme l’une des communautés en exil  ayant bien réussi, le Dalaï-lama a décidé de changer le régime qui a prévalu durant trois siècles au pays des neiges éternelles, et de quitter la scène politique pour consacrer son énergie à d’autres recherches.

   Le 10 mars 2010, lors d’une déclaration publique, le dirigeant tibétain expliquait les raisons de sa décision : « Dès les années 60,  j’ai insisté à plusieurs reprises sur le fait que les Tibétains ont besoin d’un dirigeant qui soit élu librement, par le peuple tibétain, et auquel je puisse transmettre mes pouvoirs. Maintenant, nous avons clairement atteint le moment où cela doit prendre effet. »

   Penpa Tsering, porte-parole de l’Assemblée, a expliqué en ces termes le message que le Dalaï-lama a adressé aux députés le 14 mars : « Le message de Sa Sainteté était ferme, très déterminé. Il a été très difficile pour la plupart des membres de digérer la décision de Sa Sainteté. » Pendant longtemps, les députés soupçonnaient que le Dalaï-lama avait l’intention de se retirer, mais « personne ne pouvait imaginer que ce serait si radicalement et si soudainement », note Tsering.

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   Après que le Dalaï-lama ait officiellement rejeté un appel de la 14e Assemblée pour qu’il reconsidère sa décision, il est devenu clair qu’il n’y avait pas d’autre choix que d’amender la Charte et de l’adapter à la nouvelle situation.

   Ce fut une tâche ardue, bien que le Dalaï-lama ait déclaré : « Cela bénéficiera aux Tibétains sur le long terme. Ce n’est pas que je sois découragé. Les Tibétains ont placé une telle foi et une telle confiance en moi. »

   Un « comité de rédaction pour l’amendement de la Constitution » de cinq membres fut formé, avec des représentants du Kashag (Cabinet) et de l’Assemblée pour suggérer une solution légale à une situation épineuse.

   Lors d’un entretien accordé à La Revue de l’Inde en 2006, le Dalaï-lama déclarait : « J’ai trois engagements dans ma vie : la promotion de valeurs humaines, la promotion de l’harmonie entre religions et la promotion de la cause tibétaine. » Et il précisait : « De ces trois engagements, les deux premiers sont principalement un choix volontaire. Jusqu’à ma mort, je suis engagé dans ces deux causes. Le troisième (Tibet), d’une certaine manière, n’est pas volontaire, car il est dû à l’histoire et à l’institution du Dalaï-lama. »

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© Photo : Olivier Barot

   Il a maintenant décidé de mettre fin à cet engagement historique.

   Durant ses délibérations, le comité de rédaction avait gardé à l’esprit les deux aspects du problème : le rôle historique du Dalaï-lama et la place spéciale qui est la sienne pour la nation tibétaine, ainsi que sa requête d’être délivré de ses responsabilités politiques. Il a présenté sa proposition au Congrès national qui se tenait du 21 au 24 juin à Dharamsala. Cette session consultative élargie était composée de 418 seniors tels qu’anciens premiers ministres, membres du Cabinet, ministres, membres présents et passés du Parlement, représentants des camps tibétains ainsi que d’éminents membres de la société civile. Tous étaient saisis par la solennité exceptionnelle de l’occasion, pressentant que la nation tibétaine se trouvait à un tournant de son histoire. Le Tibet allait-il évoluer en douceur de la théocratie vers la démocratie ?

   Une large majorité de délégués étaient en faveur d’un système constitutionnel, avec le Dalaï-lama doté du rôle honorifique de chef d’État (beaucoup se sont référés au système britannique, bien que l’exemple de la reine ne soit pas très heureux). Il a refusé.

   Néanmoins, le projet faisait référence aux raisons historiques qui rappelaient le double rôle du Dalaï-lama ; il fut décidé qu’avec la nouvelle situation, le Dalaï-lama resterait le « Protecteur et Symbole de la nation tibétaine » : « En tant que manifestation humaine d’Avaloketeshvara, il est le gardien et protecteur de la nation tibétaine. Il est le guide qui éclaire le chemin, le leader suprême, le symbole de l’identité et de l’unité tibétaines et la voix du peuple tibétain. »

   Il peut ainsi remplir son rôle historique sans avoir à traiter des affaires courantes.

   Alors que beaucoup de nations, particulièrement dans le monde arabe, mènent une lutte difficile pour renverser leurs dirigeants non élus par le biais de « révolutions de jasmin », nous avons ici l’exemple d’un dirigeant qui veut se retirer de ses responsabilités politiques, et une population qui le supplie de rester à la barre d’une façon ou d’une autre.

 

   Or, son retrait comporte de sérieuses implications.

   Tout d’abord, cela place les dirigeants chinois en porte-à-faux. Beijing ne sait pas ce qu’est un processus démocratique, n’ayant connu que la dictature du parti unique depuis

1949. Ensuite, cela résout la question du successeur du Dalaï-lama, car désormais, le successeur politique sera le Kalon Tripa, le premier ministre.

   Les députés voulaient que le Dalaï-lama continue à les guider de différentes manières « sur les sujets d’importance pour le peuple tibétain, y compris sur les problèmes auxquels aura à faire face la communauté et aussi sur les institutions en exil ». Le Dalaï-lama n’a pas accepté, car il sait pertinemment que ses « conseils » seraient reçus comme des « ordres » par les Tibétains.

   Lobsang Sangay, le premier ministre élu, nous précise : « Il ne nous restait plus qu’à amender la Charte en la dotant d’un préambule, et d’ajouter trois provisions à l’article 1.

Cela a été accepté avec quelques modifications : le Dalaï-lama, notre dirigeant vénéré, continuera à représenter le peuple tibétain, il a accepté de « faire part de ses opinions » aux membres du Cabinet et de l’Assemblée et le Cabinet nommera des représentants et des Envoyés, qui seront autorisés à utiliser son nom. » Le Dalaï-lama continuera cependant

à rencontrer les dirigeants de la planète (depuis, il a rencontré le président Obama à Washington) ainsi que d’autres institutions et personnalités importantes. Dans les forums internationaux, il continuera à parler au nom du peuple tibétain.

   Un autre problème est celui des négociations avec Beijing. Lorsque nous avons demandé à Lobsang Sangay s’il croyait que les Chinois, qui ont toujours dit qu’ils ne parleraient qu’avec des représentants du Dalaï-lama, accepteraient de rencontrer des envoyés nommés par le premier ministre, il a répondu : « Ils devraient parler avec les deux, avec Sa Sainteté le Dalaï-lama et avec l’administration tibétaine. Nous sommes pour le dialogue et pour une autonomie authentique. Ils [les Chinois] sont parfois un peu obsédés par les formalités. »

   Les Chinois ont affirmé de façon répétée qu’ils ne parleraient qu’avec le Dalaï-lama « de son avenir et de celui de quelques-uns de ses partisans ». Le Dalaï-lama a toujours répondu à cette proposition en disant qu’il ne se souciait pas de son statut, mais seulement du bien-être des six millions de Tibétains du Tibet.

   Sans doute est-ce parce que la situation n’a pas évolué durant les trente dernières années et que l’avenir semble plutôt morose, que le Dalaï-lama a décidé à présent de se retirer. Après une semaine de suspens et plusieurs allers-retours entre le « Palais » et l’Assemblée, le Dalaï-lama a finalement accepté les changements proposés par celle-ci et les amendements ont maintenant été ratifiés.

 

   Quel exemple pour le monde : un dirigeant renonçant de lui-même aux pouvoirs que l’histoire lui a légués, sans besoin de révolution sanglante ni même d’œillets ou de jasmin !

© Claude Arpi 2011

article issu de "la Nouvelle revue de l'Inde" avec l'aimable autorisation de son rédacteur en cherf François Gauthier

www.lanouvellerevuedelinde.net

diffusion.harmattan@wanadoo.fr

Mai17

Hebergeur d'image Une exposition intitulée : " Saintes Figures -Saint Expédit" dont le vernissage est prévu le 19/05 prochain à l'occasion de "la nuit des musées", va donc démarrer le 20/05 dans l'enceinte du Musée de Villèle" et durera jusqu'au 30 /09 prochain. Hebergeur d'image

 

Venez donc nombreux découvrir-ou redécouvrir- cette figure historique, caractéristique de la double pratique chrétienne et hindoue encore vivace aujourd'hui.

St Expédit, dont les oratoires ont été peints en rouge-comme la déesse Karli- a permis aux hindous de voir et prier à travers ce personnage historique chrétien, leur divinité de prédilection Karli à une époque où la religion hindoue était assimilée au diable par des prêtres chrétiens soucieux d'évangéliser les hindous.

 

Shiva

 

Mai17

BD : "Jaya, Engagée indienne"

Posted by Shiva on 17.05.12  ~  Posted in: Livres & revues  ~  Réagir »

S. Thirel et D. Fernando :
"Cet album est un plongeon dans un pan de l’histoire souvent méconnue par la population de l’île"

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Sabine Thirel

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Darshan Fernando


Nous ne pouvions pas manquer de saluer ce qui constitue un authentique événement dans le domaine des cultures indo-réunionnaises : la première bande dessinée consacrée au thème de l'engagisme. C'est avec le personnage de la jeune Jaya que Sabine Thirel et Darshan Fernando nous convient à nous embarquer sur la Côte de Coromandel, au XIXe siècle, à destination de l'île Bourbon... Rejoignons-les...

En partenariat avec La Nouvelle Revue de l'Inde.

Interview - Jaya, engagée indienne

IR/LNRI : Sabine Thirel et Darshan Fernando, pourriez-vous tout d'abord vous présenter à nos visiteurs ?

ST. : Je suis passionnée d’histoire et de patrimoine de l’Océan Indien et en particulier de La Réunion, titulaire d’une licence ès Sciences de l’Education, Conseillère principale d’éducation à la retraite et mère de trois enfants.

DF : Je suis un jeune auteur lyonnais, dessinant principalement pour le cinéma d'animation, le fanzinat ou l'illustration.

IR/LNRI : Sabine Thirel, vous n'en êtes pas à votre première publication : qu'avez-vous publié avant Jaya ?

ST : En effet, je suis auteure de deux romans Cadet de Famille et Noir Café parus en 2005 et 2008, et aussi, scénariste de la BD Long Ben en deux Tomes (Long Ben - Cap au Sud et Long Ben - Ile Bourbon) sortis en 2009 et 2011 chez Orphie Editions.

IR/LNRI : Qu'est-ce qui vous a poussés à aborder le sujet de l'Engagisme indien à la Réunion ?

ST : Mes précédents livres traitaient : pour le premier, d’une enfance créole dans les années 1960 dans une cour d’usine sucrière, le second de la vie dans une habitation pendant l’esclavage, et, le troisième (en deux tomes) de piraterie et du peuplement de l’île.

Lors de mes précédentes recherches, j’ai remarqué que la présence de l’Inde était réelle dans notre île et cela depuis le début du peuplement par l’arrivée d’Indo-Portugaises. La Réunion n’était-elle pas sur la route des Indes ? Je me suis rapprochée de Michèle Marimoutou qui a beaucoup travaillé sur le Lazaret et l’Engagisme, qui m’a fait visiter le Lazaret de la Grande Chaloupe que je ne connaissais pas comme beaucoup de Réunionnais. C’est à ce moment-là que j’ai eu le déclic.

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IR/LNRI : Avez-vous eu à l'esprit un certain type de public en créant Jaya ?

ST : Non. J’avais juste envie de partager cette part d’histoire que je venais de découvrir. Je pense que l’histoire de Jaya, et à travers elle celle de l’Engagisme, peut intéresser tous types de public.

IR/LNRI : D'après ce que vous disiez, ce sujet ne vous était pas vraiment familier... comment alors avez-vous procédé ?

ST : Ce sujet ne m’était pas familier du tout. J’ai dû effectuer de nombreuses recherches, lire et me documenter, consulter des archives et des travaux de chercheurs sur le sujet. Une longue bibliographie, non exhaustive d’ailleurs, figure à la fin de la BD.

DF : Sabine m'a fourni énormément de documentation afin de retranscrire au mieux le bateaux et les paysages de la Réunion.

IR/LNRI : Pouvez-vous dire en quelques mots les grandes lignes du scénario pour en donner un aperçu significatif à nos visiteurs ?

ST : Le scénario se découpe en trois parties : la première se passe sur le bateau qui part de Karikal pour La Réunion avec à son bord plus de cent cinquante engagés indiens ; la deuxième se déroule au Lazaret de la Grande Chaloupe et enfin la troisième partie dans l’habitation qui finalement accueille Jaya.

IR/LNRI : Peut-on dire que Jaya est, entre autres, une BD d'aventures ?

ST : Jaya, engagée indienne est pour ainsi dire une BD à référence historique. Darshan et moi avons pris quelques libertés pour être plus près du contexte actuel du Lazaret pour que le lecteur puisse se situer. Mais elle peut aussi être considérée comme une BD d’aventures puisque le lecteur peut faire abstraction du contexte historique et ne prêter attention qu’à l’histoire de Jaya en elle-même.

DF : Oui, tout à fait. Une bande dessinée d'aventures à référence historique.

IR/LNRI : Pourquoi le choix de cette jeune héroïne, Jaya ? S'agit-il d'entrainer l'adhésion à un personnage fragile (mais pas seulement) et sympathique, ou bien de proposer un personnage résumant à lui seul l'aventure humaine de tous les engagés... ?

ST : Le personnage de Jaya s’est imposé à moi. Je ne pense pas que qu’il résume à lui seul l’aventure humaine des Engagés. Nous n’avons pas voulu faire pleurer dans les chaumières non plus et garder une certaine distance avec l’Histoire tout en la racontant.

Bien entendu, l’histoire de Jaya reste dérisoire dans la grande histoire de l’Engagisme où plus de cent mille Indiens ont traversé l’Océan Indien pour venir cultiver la canne à sucre à la place des esclaves libérés, et cela dans des conditions particulièrement difficiles.

IR/LNRI : Darshan Fernando, vous signez ici votre premier album, pouvez-vous nous donner des détails sur votre technique de travail et sur votre collaboration avec le coloriste François-Marc Baillet ?

DF : Je travaille d'abord le découpage au crayon, que je reprends ensuite à la table lumineuse directement à l'encre de Chine, la plupart du temps.

Les délais de réalisation étant très courts nous avons fait appel à mon ami François-Marc Baillet, avec qui j'ai l'habitude de collaborer, pour la couleur.

IR/LNRI : Sur le plan esthétique, avez-vous adapté votre dessin au sujet abordé, ou bien s'agit-il d'un style personnel susceptible de se retrouver dans de futurs albums sur d'autres thèmes ?

DF : J'ai adapté mon dessin au projet dans le sens où j'ai cherché à le rendre plus accessible, notamment avec des personnages aux proportions plus réalistes.

© Thirel, Fernando, Des Bulles dans l'Océan, 2011

IR/LNRI : Votre album se veut-il aussi un témoignage sur un épisode méconnu de l'histoire ? Un hommage peut-être, avec une part didactique comme tend à le confirmer la présence d'un lexique ?

ST : C’est cela. Cet album est un plongeon dans un pan de l’histoire souvent méconnue par la population de l’île. Refaire vivre, même si nous n’y étions pas, un lieu qui a connu des drames et des mystères est un challenge. A part quelques travaux d’universitaires et d’associations, ce Lazaret a été oublié pendant près d’un siècle et avec lui toute l’histoire des Engagés indiens, rodriguais, seychellois ou chinois. Oubli volontaire ou pas, personne ne le sait.

Jaya, engagée indienne n’a pas la prétention d’apporter toutes les réponses au sujet de l’Engagisme mais il peut être un élément déclencheur, une porte ouverte vers des questionnements sur l’histoire des Engagés mais aussi sur l’histoire de la Réunion et de son peuplement. Il peut en effet être un hommage à tous les hommes et femmes que le destin a poussés de gré ou de force à venir s’installer sur ce grain de sable au milieu de l’Océan Indien.

IR/LNRI : Jaya aura-t-il une suite ? Et quels sont vos autres projets ?

DF : Plein de projets de bandes dessinées dans les cartons, mais rien de concret pour l'instant !

ST. : La démarche était de refaire le trajet des Engagés depuis l’Inde jusqu’à la plantation en passant par le Lazaret. Jaya est arrivée à destination comme des milliers d’Indiens l’ont fait avant elle et se sont perdus dans l’anonymat. Aussi, aucune suite à Jaya n’est prévue pour l’instant.

En ce qui concerne mes projets, plusieurs idées sont à l’étude. Bien entendu, elles font référence à l’histoire, à un lieu ou à un personnage emblématique de La Réunion, mais rien n’est arrêté pour l’instant.

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Avec Jaya, album proposé par l'éditeur réunionnais "Des Bulles dans l'Océan", c'est au cœur même des Indes réunionnaises et de leur histoire que nous entraînent la scénariste Sabine Thirel et le dessinateur Darshan Fernando, avec la complicité du coloriste François-Marc Baillet. Les premières planches nous font partager, à bord d'un vaisseau appelé La Créole, le triste quotidien de ceux qui, dans la seconde moitié du XIXe s., furent amenés des misères de l'Inde affamée aux misères d'une vie quasi servile dans les habitations de l'Île Bourbon.

Le scénario et sa part d'aventures et d'émotions n'est certes pas un obstacle à la valeur documentaire et historique de l'album, qui donne à ceux qui l'ignoreraient un aperçu assez saisissant de ce que pouvait être l'engagisme, depuis la traversée et ses victimes jusqu'à la révolte et ses martyrs, en passant par le séjour au lazaret de la Grande Chaloupe avec ses prédateurs odieux tapis dans l'ombre.
La jeune Jaya, loin de Karikal, survit aux épreuves. Du sang de ses semblables sont issus ceux qu'aujourd'hui encore, à la Réunion, on appelle les Malbars...

Bref, un album à ne surtout pas manquer !

Quatrième de couverture : "L’abolition de l’esclavage en 1848 eut pour conséquence brutale et mal estimée le manque de main d’œuvre pour les plantations, la canne à sucre notamment. Les armateurs, armés par les gros exploitants, firent alors le tour des continents pour trouver une main d’œuvre bon marché et prête à s’exiler à l’autre bout du monde avec la promesse d’un avenir prometteur. Ainsi s’embarqua en 1865 Jaya, comme plus de 30.000 indiens dans les années qui suivirent, à destination de l’Ile de la Réunion, donnant à l’ile d’aujourd’hui une des facettes de son identité multiraciale.

Cette aventure pleine de rebondissements est un subtil mélange de rigueur historique, sous la plume de la scénariste Sabine Thirel, réunionnaise passionnée d’histoire, et d’un formidable talent graphique fait de mouvements, de profondeur et de finesse en la personne de Darshan Fernando qui signe là son premier album, plein de maîtrise. Embarquez avec Jaya sur La Créole pour découvrir l’île Bourbon et son lazaret, vous serez conquis."

DES BULLES DANS L’OCÉAN
63, rue Jean Chatel
97400 Saint-Denis - La Réunion - www.dbdo.re
sortie décembre 2011
72 pages quadri
22 x 29 cm - 19,50 euros
ISBN 978-2-919069-10-1

Mai13

En Inde, dans la communauté dawoodi Bohra, on pratique encore l'ablation du clitoris chez ces petites filles chiites ismaëliennes.

L’excision est actuellement défendue au nom de :

-la préservation de la virginité (considérée comme un idéal féminin au mariage),

-l’amélioration du plaisir sexuel masculin (par le rétrécissement du vagin ou de l’orifice vaginal)

-l'interdiction de l'accès à l'orgasme des femmes (considéré comme malsain par les partisans de l’excision),

-raisons hygiéniques,

-raisons esthétiques,

-patrimoine culturel ou traditionnel (initiation à l’état de femme, peur que le clitoris n'empoisonne l'homme ou l'enfant à la naissance...).

Dans de nombreux cas, on observe que les mères participent activement aux mutilations de leur(s) fille(s) dans le but d’améliorer leurs chances de faire un « bon » mariage.

Pour la religion, Le clitoris est souvent considéré comme une imperfection de la création divine, un résidu masculin devant être ôté pour que la femme soit finie. De la même manière la circoncision ou ablation du prépuce est censée enlever à l'homme la partie féminine restante.

La psychanalyste Marie Bonaparte a écrit : « Les hommes se sentent menacés par ce qui aurait une apparence phallique chez la femme, c'est pourquoi ils insistent pour que le clitoris soit enlevé ». Elle est caractérisée comme « la relation d'appropriation qui veut que chaque femme soit la propriété d'un homme » par Thomas Sankara dans sa campagne contre l'excision

Certaines femmes tentent de résister à cette coutume barbare en prétendant avoir fait la "khatna" de leur enfant, cette coutume pratiquée généralement vers 7 ans, empêchant les petites filles de s'asseoir et même de marcher durant quelque temps et ayant pour objectif de leur ôter tout désir sexuel. Cette pratique africaine traditionnelle était utilisée alors quand les hommes partaient à la guerre, afin d'enlever toute tentation aux femmes;

Il faut savoir qu'à la différence de la circoncision, cette coutume ne constitue aucunement un précepte de l'Islam...

Heureusement des femmes courageuses ne se contentent pas de mentir en prétendant l'avoir fait pour leurs filles. Ainsi, une jeune femme, Tasleen, a tenté de faire signer sur son site internet "change.org" une pétition pour l'interruption de cette pratique, démarche qui n'a eu qu'un faible écho (environ un millier de signatures pour la plupart d'étrangers à la communauté), qu'elle a adressée au chef religieux, sans avoir toutefois de réponse.

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page facebook de cette jeune musulmane Tasleen

Ne pas la pratiquer pourrait en effet laisser supposer que la femme concernée s'oppose à l'Islam et donc à la communauté....

Pourtant cette coutume barbare n'est pas sans laisser de traces : hormis la perte de tout désir sexuel -et donc de l'intérêt de satisfaire son mari-, nombreuses sont les complications lors des menstruations et les infections urinaires consécutives à cet acte, qui peuvent alors s'étendre tout au long de la vie.

Plus grave, la communauté vous met à l'écart, et ne vous invite plus ni aux mariages ni à quelques réunions que ce soit : vous devenez une pestiférée.

Shiva

Mai11

L'ARSHA VIDYA ASHRAM de l'Ile Maurice

 vous propose 9 jours de RETRAITE SPIRITUELLE.

 du 10 au 18 Juillet 2012

Etude du texte : TATTVABODHA : La science du Soi

Enseignants : Swâmî Pranavârthânanda Saraswatî (Ile de la Réunion).

Yoga : Keshin (Association Réunionnaise de Yoga).

 Lieu : Arsha Vidya Ashram. Coastal Road, Palmar, Ile Maurice.

Coûts : Ashram = 6000 Rs/150 !!+ Pension complète = 4000 Rs/100 ! (en chambre double- autres possibilités : contactez-nous.).

 Contacts / informations / inscriptions : Swâmî Pranavârthânanda Saraswatî ( pranavarthananda@gmail.com ). Swâminî Prajnânânanda Saraswatî : (prajna0001@yahoo.co.in ).

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