Le Taj comme vous ne l'avez jamais lu
Par Jyoti le Avr 7, 2009 | Dans Non catégorisé, Arts et Culture, Livres, Histoire | Réagir »
TAJ, c'est le titre du dernier roman de Timeri Murari, qui fait revivre à nos sens l'une des plus grandes histoires d'amour jamais vécue, celle de l'empereur Shah Jahan et de la belle Arjumand, devenue l'impératrice Mumtaz y Mahal ("l'élue du harem")

Le Taj Mahal, "une larme posée sur le visage de l'éternité", Rajendra Tagore (credit photo flickr Mitopencourseware)
Taj est un roman historique menant, de main de maître, un double récit:
celui, palpitant du coup de foudre contracté par deux adolescents à la cour du Padishah Jahangir, alternant avec
celui de la construction la plus somptuaire de l'Histoire de l'Inde, en hommage à la beauté d'une impératrice trop tôt disparue.

Procession devant le Taj Mahal,miniature moghole
D'un style captivant, malgré des métaphores que l'on peut trouver convenues, certaines phrases usitées, le roman de Timeri Murari nous projette au plein coeur de la vie à la cour des prestigieux Princes Musulmans, où le marbre aérien et dentelé des palais voile, dévoile successivement les désirs, les jalousies, l'attrait du pouvoir, des richesses légendaires promises par le règne sur le vaste Hindoustan, dont l'unité à peine réalisée est déjà vacillante...
Il nous entraîne à l'extérieur des remparts, où s'activent les artisans, tel Murthi, ce petit homme simple appartenant à la caste (hindoue) des Soudras, se pliant à toutes les volontés de l'Empereur, et qui donnera sa vie, son savoir faire, son bien le plus précieux: sa descendance, dans l'édification du plus beau mausolée jamais conçu.

Incrustations de pierres précieuses dans le marbre dans le mausolée, un art ancestral toujours pratiqué à Agra (credit flickr Swamisk)
L'on en ressort empreint de cette fascination obsédante, pour quicquonque a un jour contemplé de ses yeux ce monument diaphane, mirage iréel de splendeur, posé sur le sol rougeoyant d'Agra, mirant de l'aube au crépuscule son opale dans les eaux paisibles de la Jamuna. Et,tandis que l'inconsolable empereur inscrivit dans la blancheur du marbre la pureté d'une présence disparue, le Taj nous semble quêter dans la transparence des bassins, son reflet, son alter ego: Mumtaz, l'unique, l'élue, dont le dôme d'albâtre abrite pour toujours le sommeil. A mesure que le marbre froid du mausolée s'élève, et que son reflet point sur la surface lisse et dormante des bassins, s'agite, l'espace d'un récit vibrant, le souvenir idéalisé de l'amour.
Un amour éternel, quoique mortel, et, plus encore: funeste. Qui fit couler sueur et sang, laissant un empire, à l'image de Mumtaz, disparue en donnant naissance à son quatorzième enfant: rompu, épuisé, exsangue. Sacrifiés qu'ils furent à la gloire de Shah Jahan. Prince brûlé par la passion, Empereur brisé par le chagrin, enfermé dans son obsession, père trahi par son propre fils (Aurangzeb) dont la geôle lui offre pour ultime horizon,l'oeuvre de sa vie:le Taj.
Un homme, enfin, qui, hommage lui soit rendu, fit rouler la plus belle "larme sur la joue de l'éternité".

Reflet du Taj Mahal (credit flickr Harissonjaffe)
Taj, de Timeri N. Murari
Tarduit de l'anglais par Pascale Debrock
Chez Picquier Poche
Rayon littérature étrangère et poche chez Suramps
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