Catégorie: "Non cat"

From East to West, Varkala is the best.

par Arthana  

Si vous prévoyez un voyage en Inde du Sud ou si comme moi vous avez besoin d’un break, alors nul doute c’est Varkala qu’il vous faut. Certains diront que c’est trop touristique vu qu’il y encore quelques années il n’y avait, pour ainsi dire, rien à Varkala et que le développement a fait son oeuvre. D’autres diront que ce n’est pas l’Inde typique et ils n’auront pas tord non plus, cependant ça n’en est pas moins un endroit sublime.

Perché en haut d’une falaise avec une vue imprenable sur la mer d’Arabie qui, en passant, est bien plus belle que l’océan coté Est, on peut s’y baigner sans crainte des regards insistants. De plus, les plages sont propres et on peut y faire du yoga tôt le matin dans le calme le plus serein. Préférez la petite plage à la grande.

Pour les filles ou pour les garçons d’ailleurs, on peut se faire chouchouter pour quelques centaines de roupies chez Reji (Reji’s beauty parlour, attenante à l’hôtel Blue Marine) qui vous propose soins du visage, épilations, massages, dessins au henné et autres douceurs. J’ai été étonné par son professionnalisme et franchement, ceux qui vivent ou on vécu en Inde savent que ce n’est pas si facile à trouver.

A propos des guest-house ce n’est vraiment pas ça qui manque, quitte a n’en citer qu’une et bien ce serait celle où j’ai séjourné, The Blue Marine. Les chambres sont relativement simples comme beaucoup des hôtels du coin mais ce qui fait la différence pour moi c’est le restaurant et le cadre. Honnêtement j’ai rarement dans ma vie pris un petit-déjeuner avec une telle vue et l’équipe qui fait tourner tout ça est vraiment aimable et compétente. Je me suis régalée de poissons en tout genre “kerala style curry”, de naans juste succulents et de poulet tandoori un des meilleurs du monde.

Pour finir, je vous l’accorde, il n’y a pas grand chose à visiter dans le coin ce qui en fait donc l’endroit idéal pour décompresser voire pour glander. A la différence de Mahabs, on trouve ici des restaurants qui restent ouverts quasi toute la nuit et proposent de délicieux cocktails. Je recommande particulièrement le Rock n’ roll café et son Max magic.

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Mahabs by night

par Arthana  

Chaque soir, c’est cette rue de guest-houses et de kashmiri shops qui n’en finit pas de s’auto-commenter dans un va et vient perpétuel de scooters, comme si quelque chose s’y passait vraiment.

C’est ce chemin de terre qui va longeant les maisons assoupies sur fond sonore télévisuel, ces chiens étendus de tout leur long en travers du chemin. Ils ont des dégaines pas possibles ces chiens là, des têtes, des corps, des poils qu’aucune sélection naturelle ou pas n’aurait pu sciemment sélectionner. Il y a cette petite chienne aux yeux étrangement grands en rapport à la taille de sa tête. La première fois que je l’ai vu je me suis arrêtée pour l’observer de plus près. Je me suis accroupie à côté d’elle pour voir ses yeux extra-terrestres et quand je lui ai gratté amicalement la tête, elle a roulé sur le dos en remuant la queue.

Un peu plus loin il y a une famille de porcs que je croise aussi régulièrement. L’autre jour j’ai vu l’un d’entre eux entrer et sortir par une porte tourniquet avec une aisance assez déconcertante, comme si il rentrait chez lui. Je ne sais pas si ils appartiennent à quelqu’un ces porcs. Comme pour les vaches, étant donné qu’elles sont libres d’aller où elles veulent, ça semble impossible d’identifier leur propriétaire. Pour autant ça parait difficile de croire que tous ces animaux n’appartiennent qu’à eux-mêmes.

Plus loin encore, au carrefour de la rue qui mène au temple du rivage, il y a le bassin aux grenouilles. C’est un bassin qui sert une fois par an aux pèlerins venus s’y purifier, le reste du temps il appartient aux batraciens. Combien peuvent-ils être ? Des milliers je crois, qui tiennent assemblée chantante toutes les nuits. Le chemin redevient route. Au coin de la rue un marchand qui vend un peu tout, en général c’est là que je pense que je devrais acheter des bananes mais je ne les achètes jamais là, il y a toujours trop de monde, trop de regards, je ne sais pas.

Mon chemin serpente jusqu’à me retrouver face au bas-relief sculpté à même la roche de la descente du Gange, lieu mythique s’il en est. Il y a trop d’histoires qui courent sur cet endroit là. Celles, mythologiques, de sa création et des combats des Dieux qui y eurent lieu, et celles de notre ère, qui disent que c’est maudit depuis qu’un homme s’est pendu à la branche haute du grand arbre il y a une vingtaine d’années. Le phare lui, en surplomb, dispense son faisceau de lumière, imperturbable dans sa cadence, comme une montre suisse oubliée dans une ville fantôme du far west.

Oblique vers le sud, ciel constellé d’étoiles. J’entre dans le village, comme un cérémonial le chef de gang des chiens me toise avant de se mettre à gueuler. Après ce ne sont que des odeurs, celles du reflux des eaux stagnantes, d’un rat crevé qui attend sa décomposition atomique finale, celle aussi d’un frangipanier, fragrance exquise parmi la puanteur. Ça y est, je suis rendue chez moi. Good night Mamallapuram.

Article premier

par Arthana  

Lors d'un voyage en Inde, les trois premières questions qu'on vous posera inévitablement sont, dans l'ordre : Where do you come from ? How long staying in India ? And what do you do in your country ? En guise d'introduction, voici donc quelques éléments de réponse.

Je suis une parisienne ou presque qui rêvait de découvrir les différents visages de l'Inde, je n'ai pas une grande connaissance historique ou culturelle du pays et c'est donc de facon naturelle et avec assez peu d'a priori que mon regard se pose chaque jour sur Mother India. Combien de temps je compte rester, c'est la grande question qui semble tarauder tout le monde ! Seulement impossible de répondre et c'est sans doute mieux comme ca, quoi qu'il en soit je suis pour l'instant installée à Mamallapuram, Tamil Nadu. Quant à ce que je faisais avant en France, et bien je pensais au jour où je reviendrai en Inde... ;)

Plage de Mamallapuram
Plage de Mamallapuram © Koshyk cc Flickr


Tout le monde vous le dira, l'Inde : c'est fou, c'est dingue, incroyable, "on adore ou on déteste" ; L'antiquité côtoie le XXIe siècle dans un joyeux chaos, les époques comme les émotions se télescopent sans transition ou presque et donne au nouveau venu cette impression de liberté inconditionnelle. C'est mon troisième séjour en Inde du Sud et si je commence a me sentir familière des lieux, je sais que tout reste a apprendre. Chaque jour ici équivaut a plusieurs leçons de vie à tous les niveaux alors, je me réjouis de parcourir ce chemin et d'en conter quelques morceaux choisis.

La semaine qui vient de s'écouler est une semaine comme les autres et pourtant j'ai l'impression d'être assaillie d'informations. Il y a quelques jours à peine, l'Inde a envoyé son premier engin spatial vers la lune. Chandrayaan-1 semble avoir trouve sa vitesse de croisière en orbite, tandis que sur la terre ferme elle fait la fierté de toute une nation. Pendant ce temps là, le courant saute régulièrement ici à Mamallapuram du entre autre chose aux inondations que connait la région en période de mousson, rien de comparable cependant avec ce qu'a subi le Bihar il y a quelques semaines. D'un point de vue extérieur et aux vus des ravages engendres, on pourrait se demander pourquoi aucunes mesures concrètes ne sont réellement prises pour canaliser/évacuer les flux torrentiels apportes par la mousson puisqu'il s'agit d'un phénomène récurrent, mais ce serait penser l'Inde avec une temporalité qui n'est pas la sienne ; J'aurais l'occasion d'y revenir plus tard.

L'événement du jour c'est Diwali ou Deepavali, fêté à travers toute l'Inde et ici vécu essentiellement comme une occasion de faire péter un maximum de crackers. Bien sûr il y a aussi le côté familial, cadeaux, sweets et pujas, mais ce matin aux alentours de 6h, c'était bien de pétards style mammouth dont il était question, mes oreilles s'en rappellent encore. Cette semaine le Time of India rapportait la mort de 29 personnes dont une dizaine d'enfants à Barathpur, Rajasthan dans l'explosion d'une maison servant de stockage à de la poudre explosive employée précisément dans la fabrication des crackers. C'est hélas le genre de tragédie dont ce genre d'événement aux proportions démesurées ne peut se passer, rappelons que Diwali est considérée dans certaines parties de l'Inde comme le nouvel an même si les attributions varient selon les états. Aussi connu en tant que fête des lumières, on s'accorde en tous cas sur l'ampleur du phénomène et son origine mythologique selon laquelle le prince Rama serait revenu victorieux de son combat avec le démon.

Enfin pour terminer cette première note en ce jour de réjouissance, je ne peux m'empêcher de penser à tous les tamouls du Sri Lanka otages de leur propre pays. Le ministre des affaires étrangers, Pranab Mukherjee, parle cette semaine dans The Hindu de 200.000 personnes déplacées au cours du conflit et redoute une vague de départs vers le Tamil Nadu. Des accords de paix ne semblent, hélas, pas à l'ordre du jour et il semble que les populations devront encore endurer des conditions de vie proches de l'enfer pendant un certain temps.

Puissent les lumières de Diwali éclairer les esprits obtus et illuminer toutes les vies qui ne demandent qu'à sourire.

Happy Diwali à tous.